3 livres historiques à faire frémir

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Parce que j’aime lire des romans historiques qui sont miroirs de la réalité jusqu’à nous en faire pleurer, je tenais à vous présenter trois titres qui m’ont, à ce jour, beaucoup marquée. Le genre historique se perd à mes impressions et c’est quelque chose que je conçois difficilement puisque certains livres, malheureusement peu lus, sont vraiment des perles !

Moi-même, j’écris pas mal de romans historiques, en plus d’une assez grosse série sur la première guerre mondiale (mystères… je vous en dirai plus lorsque l’écriture sera plus concrète). Les horreurs qui ont marqué l’histoire de nos peuples m’attirent sans que je ne puisse l’expliquer. J’ai besoin de voir la folie de l’homme jusqu’à ses limites, la dénoncer à mon tour. Je veux découvrir encore et encore les raisons de la haine, des blessures causées par le feu et les mots. Je veux comprendre le monde qui m’entoure, le beau ou malheureux héritage qui nous est laissé.

Si vous aussi ressentez ce besoin de saisir d’où et pourquoi naît tout ce mal, ces titres sont pour vous.

« Filles de la mer » de Mary Lynn Bracht

Je suis une haenyeo […] Comme ma mère, comme sa mère avant elle, et comme ma soeur le sera un jour, ainsi que ses filles – je n’ai jamais été rien d’autre qu’une fille de la mer. Ni vous ni aucun homme ne pourrez me l’enlever.

Pour être sincère, cette lecture est ma dernière et, en lisant les derniers mots, j’ai éprouvé le vif désir de vous les partager, elle et les deux bouquins qui suivent.

L’histoire se déroule tout d’abord en Corée, et plus précisément sur l’une de ses îles, Jeju. On y rencontre deux personnages : une petite sœur qui essaye de retracer l’histoire de son aînée, portée un jour disparue. Deux trames s’offre alors à nous : le parcourt d’Hana entre les mains de soldats japonais, en 1943, et celui de Emi, restée vivante jusqu’en 2011. Ce que Emi ne sait pas, nous l’apprenons avec horreur.

Ce livre dépeint sans retenue le traumatisme subit par ce peuple coréens dont les jeunes filles leurs étaient confisquées pour devenir les « femmes de réconfort » des soldats japonais (qui pensaient que abuser sexuellement des jeunes femmes avant de partir à la guerre les rendraient plus forts) et dont les hommes étaient tués dans le seul but de récupérer leurs terres.

La raison pour laquelle ce livre a attiré mon attention est que je tente de découvrir davantage l’histoire de la Corée afin de mieux la comprendre aujourd’hui. Loin étais-je de m’imaginer tant de douleur, conséquences de fautes encore peu reconnues, et un peuple aussi déchiré par son passé que par les guerres et les invasions. Un autre livre, Ils étaient frères de sang, m’a permis de saisir les tensions qui existaient entre familles, frères et amis, pour de simples questions de valeurs différentes et d’une société toujours trop oppressante, notamment en Corée du Nord. Clairement, ce qui devait être un beau pays a été divisé et régit par les persécutions.

Les messages de ce livre sont forts. Car malgré le cauchemars et le mal perpétré, le monde ne reste pas tout noir. Il y a de l’espoir. Si des hommes peuvent frapper, d’autres reconnaissent la douceur des caresses.

Attention, toutefois, aux plus sensibles à qui je ne conseillerais que peu cette lecture. Ce livre est en effet un des plus durs que j’ai eu à lire. Cependant, je ne le regrette vraiment pas et la fin en vaut la peine !

Titre original : « White chrysanthemum »

« Marche à l’Etoile » de Hélène Montarde

Si on ne peut changer le passé, on ne peut pas non plus l’ignorer ; il aide à comprendre et à vivre le présent.

Ceux qui me connaissent sauront que je n’apprécie guère certains styles trop simples de certains auteurs. Heureusement, ce livre en fait l’exception. En effet, le style de ce roman est simple, mais n’en demeure pas moins très bouleversant et captivant. Impossible de le lâcher avant de ne l’avoir fini !

Ce que j’apprécie chez cette auteur, c’est qu’elle ne s’arrête pas à une simple aventure historique. Elle creuse, toujours plus loin, étudie la question de quelles sont les conséquences de pareils faits de l’Histoire sur notre monde actuel. C’est pourquoi ce livre est découpé en trois parties : la première est l’histoire incroyable de la fuite d’un esclave nègre, Billy ; les deux autres racontent l’histoire de sa descendance.

La question que pourrait nous poser l’auteur serait celle-ci : quelle est notre identité ? Il y a bien sûr de nombreuses réponses à cela. Mais pensez à ces esclaves qui subissent la violence, qui ne sont plus considérés comme des hommes, dont on les prive d’une identité. Et s’ils y échappent enfin, comment se reconstruire ?

Ce que Billy est loin de se douter, c’est qu’il n’appartient pas qu’à une seule terre… Ses racines sont nombreuses, faisant de lui un être unique.

Ce roman est également adapté au jeune public (à partir de 12 ans) et ne s’arrête pas sur la violence de l’homme : il marche vers l’espoir.

« La Voleuse de livres » de Markus Zusak

Une ultime note de votre narratrice : je suis hantée par les humains. (La Mort)

Ce livre vous est sûrement déjà connu, mais il fait indéniablement partie de mes favoris. C’est en effet le seul qui soit parvenu, à ce jour, à me faire verser des larmes (vraiment…)

En 1939, Liesel est une jeune fille profondément marquée par la mort récente de son frère lorsqu’elle est envoyée en Allemagne chez une famille, sa mère n’ayant plus les moyens de la garder près d’elle. Tandis que le nazisme poursuit, le peuple lutte contre la faim et le chômage. Son récit de la guerre est frappant et nous permet de la considérer sous un nouvel angle : celui des allemands, qui ont vécus les pires pertes.

Ce que je regrette en France, c’est que l’on ne regarde que les horreurs perpétrées par les allemands. Les autres pays gagnants sont également montrés comme «victimes» de la guerre. Ce que le monde ne saisit pas, c’est que nous sommes tous victimes d’une manière ou d’une autre et nous sommes tous capables de perpétrer pareils atrocités.

Le procédé le plus intéressant de ce livre, selon moi, est celui de faire intervenir la Mort en tant que narrateur. Nous voyons tout à travers sont point de vue, ce qui fait nous interroger sur l’absurdité même de la guerre qui ne mène finalement à aucune solution si ce n’est la mort. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce même narrateur n’est pas dur et froid. Il est au contraire très curieux et cherche à comprendre l’homme et sa pensée. A comprendre pourquoi il a été créé. Et l’innocence de Liesel qui cherche à tout prix la joie et la vie en est la magnifique réponse (« She was one of the few souls that made me wonder what it was to live. »).

Une citation que j’aime d’ailleurs beaucoup de cet auteur est la suivante : « Sometimes, people are beautiful. Not in looks. Not in what they say. Just in what they are. » (Parfois, des personnes sont magnifiques. Pas dans leur apparence. Pas dans ce qu’ils disent. Juste dans ce qu’ils sont.)

Si vous aussi aimez les citations, ses œuvres en sont truffées, plus incroyables les unes et les autres ! Il n’est pas un de mes auteurs favoris pour rien.

Ce roman peut être lu à partir de 12 ans, mais avec précaution. Si vous ne vous l’êtes toujours pas procuré… vous ne savez pas ce que vous manquez.

Titre original : « The book Thief »


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