C’est l’heure du thé #5

• DÉFI SABLIER #1 •

Je ne pensais pas vous partager mon avancée avant quelque temps, par espoir de trouver plus intéressant à vous raconter… mais je pense qu’il est bon de rester régulier et de me poser une fois par mois pour observer mon comportement et rapport à l’écriture. Peut-être êtes-vous même curieux de le connaître…

J’ose en tout cas espérer que ces petits bilans ne vous sont pas aussi inutiles qu’ils le paraissent et vous permettent soit de prendre à votre tour un recul sur vous-même, soit de relativiser des échecs passés. Car je pense que pour trouver le bon témoignage d’une personne qui échoue, vous êtes venus toquer à la bonne porte.

Moins dramatiquement, je peux également assurer que l’échec ne tue pas et, bien au contraire, permet l’édification.

 

#1 – Confinement

Depuis maintenant presque deux mois, je trouve l’occasion rêvée pour écrire. Plus de profs derrière le dos, un emploi du temps vide, des responsabilités légères… Quoi de mieux pour revenir enfin à ses petites créations ?

Toutefois… Si vous me suivez sur ma page instagram, vous saurez l’horreur qui m’a frappé au moment même.

Blocage. Littéral.

Je n’étais pas seulement confinée physiquement, mais bel et bien psychiquement ! Les idées luttaient en moi, dans le vain désir de s’extraire de mon esprit et reposer sur la feuille. Terrorisées, elles se turent très vite pour se recroqueviller dans un coin, me laissant démunie.

L’Oiseau en Cage n’était pas près d’avancer. J’ai écrit un premier chapitre de cette troisième partie. Puis j’ai commencé un deuxième. Rien d’autre ne fut possible.

Mais ça, ce n’était pas le pire.

 

#2 – Malencontreuses découvertes

Qui dit temps libre, dit temps pour découvrir. De belles découvertes, mais qui peuvent se changer en réels cauchemars.

J’ai en effet découvert, notamment par le biais d’instagram (toujours ce monstre), de nombreux auteurs. Si j’ai été enchantée par ce nouveau départ, le voyage m’a très vite rendue malade.

Car tous ces auteurs menaient leur plus belle vie. Tous ces auteurs, eux, réussissaient. Ils avançaient, écrivaient sans repos, gagnaient le soupir de la satisfaction. Ils paraissaient si heureux. Leur bonheur faisait mon malheur.

La culpabilité est venue toquer à ma porte. « Tu as peur, tu es une feignasse. Voilà pourquoi, toi, tu ne réussis pas !

– Ce n’est pas vrai, regarde : je bloque !

– Mais c’est ce que tu crois ! Ta mauvaise volonté te bloque toi-même. »

Et cela n’en finissait plus. C’est avec plus de désespoir que je reprenais la plume et tentais de forcer un passage à cet imaginaire confiné avec moi.

À mesure que la raison me revenait, de plus saines motivations vinrent guider mon écriture. Oui, moi aussi j’allais réussir, mais à mon rythme et à ma façon !

C’était sans compter sur la prochaine tempête.

 

#3 – Critiques

Vlan ! Prends ça dans les dents !

« Sérieux, tu comptes vraiment écrire dans ta vie ?

– C’est ce que je me sens appelée à faire, oui.

– Mais t’es une grosse folle, tu le sais ça ? Un auteur, ça gagne rien. Faut chercher ailleurs, faire de longues études… Puis tu crois sincèrement que tu peux te faire publier ? »

Ce n’est pas le soutien que l’on attendrait de « proches ». Et si vous ne le saviez pas, le sentiment de trahison fait un mal de chien.

Si elle avait raison, de toute façon ? On m’avait déjà fermé tellement de portes. Jeté tous mes plans à l’eau. Même certains chrétiens me voyaient nager en plein délire. Non, vraiment : Dieu ne conduit certainement pas à la misère.

Comme pour donner raison, le lendemain, un nouveau refus : la nouvelle que j’avais envoyée concourir fut refusée sans raison apparente. Sûrement, il y en avait une. Mais son absence claire me laissa dans la plus grande des sidérations.

Ça a été le doute permanent. La méfiance même envers mon plus fidèle compagnon. Je n’ai parlé de cet échec à personne, le laissant me mutiler peu à peu de l’intérieur.

Dieu n’était sûrement pas prêt à me voir fuir aussi vite, car il approcha d’autres proches sur ma route pour couper à toute esquive. Je n’avais alors plus que le choix de me livrer à ces bons cœurs. Ils partagèrent ma colère et ma souffrance. Ils n’assuraient pas la réussite, mais rappelaient la vérité. Quoi qu’il arrive, on ne me laisserait pas tomber.

Assez fragilisée par ces derniers événements, vous devinez que l’écriture n’en fut pas moins difficile. Si je ne pouvais saisir l’imagination dans une simple pièce, je devais la chercher dans une oeuvre déjà conçue : je me suis attelée à une réécriture plus sereine de L’Héritage d’un Monde, étape par étape et non plus à la sauvage, comme j’en avais eu l’habitude (j’écrirai un article plus en profondeur sur le sujet).

 

#4 – Progrès

S’il y a toutefois une chose dont je peux me féliciter, c’est le bon élan repris sur ce blog.

Vous l’avez vu : je n’ai pas manqué un seul dimanche de ce mois, en plus des publications du mercredi. Cet article que vous lisez couronne d’ailleurs ma 50e publication ! Petit chiffre ? Grand chiffre ? Qu’importe : j’avance.

De même, malgré blocage et découragement, je ne suis pas restée inutile : j’ai terminé mes relectures des nouvelles du concours auquel je participe en tant que jury, je me suis nourrie de lectures riches, j’ai attaqué une réécriture.

J’ai également réservé une journée entière à l’écriture, au début du mois, comme vous pouvez le voir ici.

Non, je ne peux pas passer mon temps à me flageller de culpabilité. Ce que je peux, au contraire, c’est rassembler les pierres pour lapider tous ces doutes et toutes ces angoisses, et montrer que si ma gloire est vaine, celle d’un être bien au-dessus de nous tous ne l’est pas. Mes projets de l’année prochaine ont beau se trouver au bord du précipice, mon devoir est de faire confiance et de vivre ce jour sans la peur du lendemain.

Cela ne sera, bien sûr, pas aussi évident que je le raconte. Il me faudra ignorer pour un temps les réseaux sociaux décourageants par leur fausse perfection. Il me faudra retrouver un bon rythme sans me soucier du temps en lui-même. Enfin, il me faudra m’abandonner tout à fait aux mains puissantes et infaillibles si je veux vraiment réussir.

 

Et vous, comment se passe ce confinement ? Accomplissez-vous beaucoup, ou vous retrouvez-vous aussi confinés que moi dans vos idées ? J’ai, en tout cas, hâte de retrouver le monde extérieur et animer mon imaginaire de toute cette vie bourdonnante.

Je vous souhaite à tous de trouver la paix dans tout ce que vous entreprenez. Ne craignez plus l’échec : il sera inévitable. Craignez plutôt de vous trahir vous-même. Prenez soin de vous, prenez ce temps pour vous.

Amicalement,

La Plume Messagère


4 réflexions sur “C’est l’heure du thé #5

  1. Oh non, les remarques qui rabaissent ton projet d’être auteure, c’est vraiment pas sympa :/ en tout cas balancé comme ça, parce que des auteurs eux-mêmes accomplis disent qu’il vaut mieux avoir un métier parallèle au début, et c’est souvent plus tard qu’ils peuvent espérer commencer à en vivre. Mais faire demi-tour la queue entre les jambes parce que ce n’est pas la situation bien stable et assurée à l’avance qu’on voudrait, ça va apporter quoi, puis qu’on respecte les artistes-auteurs qui s’engagent pour leurs droits x) En tout cas, il y a des mauvaises passes, des moments de doute, et tu as su te mobiliser après donc bravo pour ça 🙂

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  2. Non, tu n’es pas seule à être en phases variables. Je pensais que le confinement me permettrait de publier mes deux romans prêts pour lesquels j’ai choisi des filières différentes. Et là, peur qu’ils ne oient parfaits, aussi j’en repasse un au moule de l’audio, je n’avance pas les thèmes de couverture de l’autre, je profite du confinement pour multiplier les temps de lecture, louange & formation. Et puis je passe un temps fou à faire classe à distance avec mes élèves. Au final, je n’écris pas, je ne publie pas… Mais comme si toutes choses se mettaient à concourir au meilleur, ce livre que j’avais ardé à publier intéresse un éditeur. On se sent en retard, mais il semble que Dieu soit toujours à l’heure, où je ne m’y connais pas…

    Aimé par 1 personne

    1. Oh, quelle bonne nouvelle ! J’espère que cet éditeur pourra t’aider à te débloquer et à fuir ces craintes. Merci pour ton témoignage en tout cas, c’est toujours bon à entendre 😉 Bon courage pour la suite !

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