L’écrivain et les réseaux

écrivain

Ah, les réseaux sociaux…

Comme tout homme, l’écrivain – même avec un furieux délire du papier et des vieilles choses – ne peut s’en passer. Et si vous êtes comme moi, cela pourrait très bien mener à votre perte…

Je m’explique. Les réseaux sociaux sont un piège qui n’épargne personne – je ne pense rien vous apprendre, jusque-là. Les raisons peuvent être très diverses : un vrai gouffre pour le temps tandis que nous pourrions faire plus intéressant ; une drogue nous invitant à nous connecter régulièrement, de crainte de rater la dernière nouvelle ; une vie qui relève de la fiction, pour la plupart des utilisateurs.

Pour ma part, j’utilise Facebook et instagram pour faire connaître davantage mon blog. Si je suis beaucoup plus active sur le second, je n’en demeure pas moins très impactée par tout ce que ces réseaux renvoient de négatif dans nos vies.

Mais qu’est-ce que tout cela veut dire pour un écrivain, concrètement ? Laissez-moi vous en donner une idée.

Les réseaux, un paradis imaginaire

« Yes ! Je viens de finir deux chapitres dans la filée. C’est fou ce que j’avance vite ! Trop exciiiitée ! »

« Mon livre sort papier demain ! C’est le second en un an, j’en suis tellement fier. »

« Merci aux deux mille abonnés ! Vous êtes tellement adorables avec vos commentaires tout pleins sucrés… »

Tout ça, c’est ce que gobe un auteur dans son quotidien. Sur ces réseaux, on balance inlassablement les bonnes nouvelles. Elles ne sont pas fausses en soi, mais elles n’explorent pas l’entière vérité – et, malheureusement, avec la fatigue de la journée, on l’oublie bien souvent !

Bon sang. Pourquoi elle arrive à écrire autant et pas moi ? Comment arrive-t-il si facilement à publier ses œuvres ? Si je n’ai pas autant d’abonnés, est-ce parce que je suis inintéressant ou un écrivain raté ?

Décidément, je ne suis faite que d’échecs. Le champagne ne sera jamais à sortir.

Je dois vous l’admettre : ces pensées ont déjà été miennes. Pire, je pense qu’elles appartiennent à beaucoup d’autres.

Pourquoi les bonnes nouvelles nous font-elles tant de mal, alors ? Car elles semblent relever de l’impossible, d’une entière fiction à laquelle notre vie ne peut concorder. Surgissent alors les doutes sur l’efficacité de notre travail, la culpabilité de ne pas réussir autant, la comparaison auprès de tous ces auteurs en fête.

Ces auteurs apparaissent comme des dieux de la réussite – après tout, c’est ainsi que le lecteur aimerait les voir, n’est-ce pas ? Personne ne veut avoir affaire avec les sombres faces d’un écrivain.

Pourtant, elles existent bel et bien. Les blocages fatidiques. L’inspiration qui nous joue des tours. La folie qui nous saisit tandis que l’on ne sait plus que faire. La peur de ne pas être à la hauteur. La souffrance de la solitude dans un travail qui nous demande beaucoup d’attention.

Si vous avez suivi mes « C’est l’heure du thé », je vous raconte toutes ces heures sombres des derniers mois où je ne parvenais même plus à griffonner le moindre mot. Toute cette culpabilité qui me pesait au quotidien, même après avoir résolu d’arrêter l’écriture pour me ressourcer auprès de mes lectures et ainsi peaufiner ma plume. Mon écriture est si lente en comparaison de tous ces écrivains qui semblent avancer avec la vitesse de la lumière !

Mais laissez-moi vous rappeler deux points. Deux points absolument essentiels.

Vous n’êtes que vous. Pas eux. Pas lui. Pas elle. Juste toi. De ce fait, tu ne peux fonctionner de la même manière que tous ces auteurs et tu ne peux avoir le même rythme – voir mon article sur le rythme de chacun. Ce n’est pas grave si vous ne réussissez pas aussi vite que tous ces auteurs. Car vous réussirez un jour, même si celui-ci est long à venir. la victoire n’est pas jalouse.

Deuxièmement, je le dis et le répète : l’entière vérité n’est pas à trouver sur ces réseaux. Ce que tu ne vois pas, c’est l’effort terrible qu’à dû produire l’artiste, lui-même constamment préoccupé par les doutes et la peur d’échouer – même en ayant fini un roman. Parce que le véritable échec n’est pas dans l’incapacité de produire un roman. C’est celui de ne pas être reconnu comme un bon écrivain.

Oui, tout le monde peut écrire ! Avec un minimum d’effort, tout le monde peut présenter un roman. Mais rien ne garantit de sa qualité ni même du talent de l’auteur. Il en va de même pour chanter, n’est-ce pas ? Tout le monde ne peut pas monter sur scène et c’est ainsi.

Les réseaux, un besoin

Mon meilleur conseil aurait été simple : fuyez les réseaux. Malheureusement, l’écrivain y est inextricablement lié – c’est la raison pour laquelle je poursuis malgré tout.

Car, autrement, comment se faire connaître ? Comment agiter le drapeau de notre existence face au reste du monde ? L’écrivain a un besoin qu’il ne pourra jamais nier : le lecteur.

Sans lecteur, un écrivain n’est rien. Et où les trouver si ce n’est en faisant la pub de votre travail ?

Je vais encore remuer le couteau dans la plaie, mais il s’agit là encore de réalisme : vous aurez beau avoir un nombre incroyable d’abonnés, cela ne vous garantira jamais le lecteur. Certains auront la curiosité piquée. Mais qui souhaite réellement se bouger les fesses pour aller se procurer un pauvre livre ?

« Bravo ! »

« Génial ! »

« Je vais trop acheter ce livre ! »

Sont des commentaires que ces « grands » auteurs peuvent recevoir. Pourtant, un nombre limité ira vraiment lire son livre. Triste ironie, n’est-ce pas ? Vous savez, c’est comme tous ces proches qui vous supplient de leur envoyer une de vos fameuses œuvres d’art. Flatté, vous ne pouvez refuser. Après quoi, vous ne reverrez jamais plus le proche en question.

Que faire ?

Je me culpabilise presque de vous livrer si sombre message. Pourtant, je ne pouvais me taire face à cette vérité que tout auteur devrait connaître.

La question se pose : que pouvons-nous y faire ?

  • Tout d’abord, préparez-vous à la déception. Les réseaux apportent, mais pas autant que l’on se l’imagine. De même, n’y misez pas toute votre vie ou vous en deviendrez-vous.
  • Prenez de la distance avec les autres auteurs. Je ne dis pas qu’il est mauvais de les suivre, au contraire ! Mais il faut savoir raisonner avec l’esprit plutôt qu’avec le cœur lorsque nous nous retrouvons confrontés à de tels messages. N’oubliez pas : nous sommes tous différents, mais si l’humanité se rassemble en un point, c’est bien la souffrance. La difficulté n’épargne personne.
  • Accordez-vous des pauses. Coupez-vous de temps en temps à ces réseaux, rien que pour vous replonger corps et âme dans votre propre travail. Ne les laisser surtout pas vous distraire de vos objectifs, aussi longs qu’ils soient à atteindre !
  • Enfin, participez pour changer cette atmosphère insolite du parfait. Affichez vos échecs autant que vos victoires. Parlez de vos difficultés et soutenez les autres dans les leurs. Je ne dis pas qu’il faut en exagérer ! Tout dans notre vie n’est pas à montrer à de parfaits étrangers. Mais préoccupons-nous de faire éclater l’entière vérité.

Comment vivez-vous vos expériences sur les réseaux ? Que souhaitez-vous faire de plus ou de moins ? Comment pourrions-nous empêcher ces maux ? 

La Plume Messagère

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