Pour un peu de fromage…

Scène Unique

La scène se déroule dans un champ, au milieu duquel est planté un arbre. Dans les branches de ce dernier, un corbeau veille sur les passants, parmi lesquels un renard.

LE RENARD – Eh bonjour, Monsieur le corbeau !

LE CORBEAU ne répond pas, se contentant d’observer indifféremment son troubleur. 

LE RENARD – Mais que vois-je, ce que vous tenez dans votre bec ?

Toujours sans réponse. LE CORBEAU tient fermement son bien.

LE RENARD – Quelle impolitesse ! Veuillez bien me répondre, enfin…

LE CORBEAU – Fous Foyez bien que fe ne le puis.

LE RENARD – Que dîtes-vous ? Ouvrez donc le bec que je vous entende !

LE CORBEAU – Fou que fous efes ! Fe ne le fefait pas.

LE RENARD – Voilà qui est bien dommage… Je venais vous voir, car l’on conte bien des choses sur vous. Des plumes à l’éclat plus dur que de la pierre, sans parler de ce chant sans égal qui fait votre renommée. Ne me le partageriez-vous pas un peu ?

LE CORBEAU – Fe ne le feux. Affendez la fin de mon refas.

LE RENARD – Voyons, compagnon ! J’ai fait tout ce chemin pour vous entendre. Ne me donneriez-vous pas cela ? Il serait bien dommage que je rapporte cette aventure qui pourrait nuire à votre réputation…

LE CORBEAU, après avoir réfléchit un instant, prend un air fier et décide de satisfaire son auditoire. Mais alors qui ouvre le bec : diantre ! je suis fait !

LE RENARD – Ah, quel régal ! Quelle douce odeur… (puis saisissant le fromage) Vous apprendrez, compagnon, que l’orgueil n’est pas sans nuire, davantage que de mauvais racontars. Mais que cela vous serve de leçon et vous me remerciez par ce repas de Maître.

Sur quoi, LE RENARD retourna sur ses pas, le fromage dans la gueule, pour le déguster plus loin. Toujours sur son perchoir :

LE CORBEAU – Vous verrez, l’on ne m’y prendra plus ! Toutefois, il est vrai que j’ai une belle voix… et ce plumage de jais ! Cela, on ne me l’enlèvera pas.

Et il se mit à chanter, de sa voix roque et cassante, qui déplaît tant les passants qui ont le malheur de l’entendre.   

Vous l’aurez deviné – je ne propose rien d’autre ici qu’une réécriture de la fameuse fable « Le Corbeau et le Renard ». Tel était l’exercice proposé à mon cours d’écriture : reprendre une des fables de Jean de La fontaine pour en transformer la forme ou la figure de style employée. J’ai préféré pour ma part en faire une petite comédie…

Je vous mets moi-même au défi de reproduire l’exercice ! Au plaisir de vous lire.


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