Le rythme narratif

Je partage beaucoup des conseils d’écriture de nos aînés, mais peu de mes propres apprentissages… Voilà donc un article pour rectifier tout ça !

Plus particulièrement, aujourd’hui je m’intéresse au rythme qui caractérise le récit d’un roman – appelons-le donc « rythme narratif », même si je ne lui connais en soi aucun terme technique. Si le rythme caractérise le roman, c’est qu’il lui est essentiel et déterminera la fluidité de la la lecture de vos lecteurs – et donc de sa capacité à apprécier uu non votre roman.

Ce que j’aimerais soutenir dans cet article, c’est l’importance de ce rythme non seulement parce qu’inhérent au genre romanesque, mais aussi parce que le rythme est un outil indispensable pour transmettre une impression, un ton au lecteur.

Etudions donc ce rythme narratif d’un peu plus près…

#1 – Le découpage par chapitre

Vous n’êtes pas sans savoir qu’un roman se compose bien souvent de chapitres, ces derniers participant eux-mêmes au rythme du récit. En effet, ils lui donnent une certaine cadence, un pas que doit prendre le lecteur pour suivre les aventures du protagoniste.

S’interroger sur la pertinence du découpage par chapitre de son roman est donc un devoir pour l’écrivain. Pourquoi le chapitre débute-t-il sur ses quelques phrases ? Pourquoi avoir décidé d’y mettre fin à ce moment précis ? Tout doit être réfléchi de manière à garder son lecteur en haleine, dans un rythme décisif. On parle aussi de savoir ménager le suspense à la fin d’un chapitre – c’est là tout l’art de tenir un bon rythme.

#2 – Le découpage des scènes

Si les chapitres subissent un découpage, ce ne sont pas pour autant les seuls : on peut remarquer un découpage interne aux chapitres, généralement à l’aide de sauts de ligne ou d’astérisques. Ces découpages permettent de mettre en évidence des scènes et, pareillement aux fins de chapitres, de susciter chez le lecteur une curiosité qui lui fera poursuivre sa lecture. Autrement, ces pauses peuvent correspondre au temps d’une respiration, tant pour le lecteur que le personnage.

Un chapitre ne correspond ainsi pas forcément à une seule scène – il peut être la mosaïque de plusieurs scènes qui suivent une certaine logique, qu’elle soit chronologique ou thématique. Mais, attention ! Pour qu’un changement de scène ne soit pas trop brusque, mieux vaut suivre un plan stratégique : par exemple, rappeler ou renseigner par avance sur l’élément à suivre. Ainsi, vous ne risquerez pas de perdre votre lecteur…

Une trop importante utilisation de ce découpage interne a ses risques – j’en ai moi-même usé par le passé et constate le trouble que cela apporte à la lecture. Pour un exemple plus concret, je ne peux m’empêcher de penser aux livres de Philippa Gregory : je suis incapable de suivre ces lectures sans en décrocher régulièrement tant l’enchaînement des scènes s’en trouve démantelé et cassé !

#3 – L’interlude

A vrai dire, cette idée de l’interlude dans le roman m’est venue bien plus tard, alors que je commençais à l’utiliser. Pourtant, dans bien des romans – notamment, en ce qui concerne le point de vue omniscient – l’auteur nous partage de ses sortes de « pauses » du récit pour nous apporter un savoir méconnu du protagoniste lui-même, comme les machinations de son adversaire ou un malheur à venir.

Au jour où il vous arrivera de lire un de mes romans, vous comprendrez à quel point je chéris cette technique… Non seulement, il permet une accalmie dans le récit, mais il me permet également d’approfondir l’histoire de chacun de mes personnages tandis que les intrigues s’entrecroisent follement – une mauvaise habitude prise par l’autrice que je suis… Donner une information en plus, qui donnera de voir à son tour une nouvelle couleur au récit, ou ajoutera du volume à certains personnages jusqu’alors trop négligés par ma plume… pour une écrivaine qui manque d’imagination et de prise de distance par rapport à son histoire, c’est l’idéal pour compléter les lacunes !

#4 – La ponctuation

Eh, oui ! Ce serait oublier l’essentiel de la ponctuation qui est l’agent du rythme ! Si vous ne prenez pas au sérieux la syntaxe et structure de vos phrases, vous risquez de faire connaître à votre lecteur une toute autre cadence de lecture que celle initialement recherchée : on peut citer, entre autres, le résultat des lourdeurs.

La longueur des phrases est particulièrement décisive en ce qui concerne l’enchaînement des mots : une phrase courte aura la volonté de dérouter la lecteur par sa vivacité et clarté ; une phrase longue aura plutôt pour effet l’endormissement de l’attention du lecteur, de quoi faire passer les bons détails en douce…

Les points, notamment, si mal utilisés auront la néfaste cause de rendre la lecture trop saccadée. Pour une énumération, préférez les virgules. Pour donner un ton, n’hésitez pas le point d’exclamation ! Pour partager d’une certaine tension, on peut utiliser les fameux points de suspensions… et les tirets – oui, on les oublie bien souvent ! De même, on néglige toujours un peu trop le point virgule ; c’est qu’il a une tendance ennuyante, celui-là…

En ce qui concerne la syntaxe, l’ordre des mots régit la fluidité ou la difficulté souhaitée à la lecture. Par exemple, un adjectif n’aura pas le même effet avant ou après son nom. Idem pour l’enchaînement des propositions : si toutes vos phrases commencent par le même types de propositions (disons, par exemple, une proposition circonstancielle pour renforcer la description d’une action ou d’un état), leur enchaînement n’en sera pas aussi fluide que si vous les ajustez de la meilleure des manières.

Bref, tout est bon à utiliser – mais encore faut-il savoir faire les bons choix. Révisez, apprenez s’il le faut, vos règles syntaxiques et de ponctuation. Vous verrez, votre récit y gagnera de beaucoup !

#5 – Changement temporel

Les retours au passé – appelés flashbacks – et les prédictions sur le futur – les ellipses – sont également des moyens pour rythmer votre action. Tout comme pour l’interlude, ils permettent une certaine pause dans le récit afin de se recentrer sur un élément important, souvent indicateur sur la suite à espérer de l’histoire.

Ces épisodes hors-contexte ne peuvent être avancés avec trop de brusquerie. Il faut pour cela un élément déclencheur : par exemple, la venue d’un prophète concernant les prédications du futur, où un accord sensoriel qui permet à un personnage de se replonger dans le souvenir (voir la Madeleine de Proust, le maître du flashback bien accordé !)

Je ne pense pas avoir fait un tour exhaustif des solutions pour monter un bon rythme dans un roman, mais c’est là une bonne liste de celles que j’ai pu expérimenter plus personnellement et qui m’ont particulièrement attirée. Si vous souhaitez y ajouter des idées ou en réprouver, passez vite en commentaire !

Dans la hâte de vous lire…


2 réflexions sur “Le rythme narratif

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