Roman policier – Les 20 règles de S.S Van Dine

J’ai l’opportunité, lors de mes cours de littérature anglaise, de rencontrer ces fameux conseils de S.S Van Dine sur le roman policier, une littérature qu’il écrivait exclusivement en compagnie de son détective renommé, Philo Vance.

Pour tout vous dire, je ne me suis encore jamais lancée dans ce type de littérature, même dans le cadre plus simple de la nouvelle… pourtant, découvrir cette théorie du roman policier me donne bien envie d’essayer ! Surtout que, contrairement au siècle passé, j’ai le sentiment que c’est un genre beaucoup moins précié par les auteurs actuels. Je tiens à préciser que, dans l’histoire du récit de détective anglophone, on distingue deux époques et milieux : le XIXe, âge d’or du roman policier en Angleterre ; et le XXe aux Etats-Unis avec la publication du Hard-boiled literature dans les pulp magazines. Dans la première littérature, les détectives sont davantage tournés à la réflexion, contrairement aux détectives américains qui se lancent dans l’action (d’où l’appellation « hard-boiled detective ».) S.S Van Dine présente ses règles pour ce second type du roman policier.

Je m’excuse davantage pour la maladresse de ma traduction, car bien que je sois étudiante en anglais, je suis loin d’être diplômée en traduction…

Vous trouverez une version originale de ces 20 règles en cliquant ici.

#1 – Les indices

Le lecteur doit avoir la même opportunité de résoudre l’énigme que le détective. Tout indice doit être pleinement énoncé et décrit.

#2 – Piéger son lecteur

Ni piège ni tromperie volontaire ne doit s’imposer au lecteur, si ce ne sont ceux légitimement joués par le criminel sur le détective lui-même.

#3 – Le but du roman policier

Il ne doit y avoir aucune intrigue amoureuse. Le but en mains est d’amener le criminel à la barre des accusés et non d’amener un couple entiché aux promesses de l’autel.

#4 – Le détective coupable

Le détective lui-même, ou l’un des investigateurs officiels, ne devrait jamais se révéler comme le coupable. Cela est une duperie bien grossière – comme si vous échangiez à quelqu’un une petite pièce contre de l’or. C’est un faux prétexte.

#5 – La découverte du coupable

Le coupable doit être découvert par déduction logique, pas par accident, ni par coïncidence, ni par confession injustifiée. Résoudre une affaire criminelle de ces manières est comme envoyer son lecteur volontairement à une poursuite impossible puis de lui révéler la vérité parce qu’il aurait échoué – que l’on avait l’objet de sa recherche bien dans notre jeu tout ce temps. Tel auteur n’est rien de mieux qu’un parfait plaisantin.

#6 – Le rôle du détective

Le récit de détective doit avoir un détective ; un détective n’est pas un détective à moins qu’il ne « détecte ». Son rôle est de rassembler les indices qui conduiront au personnage qui aura accompli l’ignominie du premier chapitre – et si le détective ne parvient pas ses conclusions par l’analyse de ces indices, il n’aura pas plus résolu le problème qu’un élève qui prend ses réponses d’un calcul à l’envers.

#7 – Le crime

Dans le roman policier, il doit y avoir un cadavre ; et mieux vaut un cadavre bien mort. Pas de crime plus léger que celui du meurtre ne suffira – 300 pages serait bien trop long pour un crime autre qu’un meurtre. Après tout, l’effort et la difficulté éprouvés par le lecteur doivent pouvoir être récompensés.

#8 – L’élucidation du crime

La source du crime doit pouvoir être élucidé par la plus naturelle des façons. Des solutions telles que la lecture des esprits, les phénomènes spirituels, la boule de cristal, etc. doivent être tabous. Un lecteur a ses chances de devancer l’esprit réaliste du détective, mais s’il doit rivaliser avec le monde des esprits et chasser au travers de la quatrième dimension et de la métaphysique, il est dominé depuis le début.

#9 – La singularité du détective

Il ne doit y avoir qu’un seul détective – c’est-à-dire, un protagoniste pour élucider l’affaire. Rassembler les esprits de trois ou quatre détectives – pour ne pas dire tout un gang – pour mener l’affaire risquera de disperser l’intérêt et couper au fil logique du récit. Plus encore, cela serait prendre un avantage bien injuste de son lecteur (comme le faire courir contre une équipe de relais).

#10 -Rôle du coupable

Le coupable doit se révéler être un personnage ayant joué un rôle plus ou moins apparent dans l’histoire – en d’autres mots, un personnage avec lequel le lecteur est familier et qui a su susciter son intérêt.

#11 – Nature du coupable

Un serviteur ne doit pas être choisi pour coupable par l’auteur. Le coupable devrait être un personnage qui en vaut la peine, un qui ne passerait pas facilement sous suspicion.

#12 – La singularité du coupable

De même, il ne doit y avoir qu’un seul coupable, qu’importe le nombre de crimes perpétrés. Le coupable peut, évidemment, obtenir l’assistance d’un comparse ou une aide mineure, mais la responsabilité doit demeurer sur deux épaules : l’indignation du lecteur doit pouvoir se concentrer la nature sombre d’un seul personnage.

#13 – Le primitif des groupes

Les agences secrètes, mafias, etc. n’ont pas leur place dans le récit de détective. Un magnifiquement réaliste et fascinant crime serait souillé par une telle culpabilité du commerce de gros. Certainement, le meurtrier d’un roman policier devrait se voir accordé un beau soutien, mais cela serait trop de lui accorder une agence secrète sur laquelle s’épauler. Aucun meurtrier de haut niveau et respecté ne saurait l’accepter.

#14 – La science vraie

Le moyen du meurtre puis son élucidation doit être rationnel et s’appuyer sur des faits scientifiques. Ainsi, on ne saurait tolérer tout argument « pseudo-scientifique » ni tout moyen imaginatif ou spéculatif. De fait, à partir du moment où un auteur se laisse pénétrer les sphères de la fantasy, comme à la Jules Verne, il quitte les limites du roman policier pour caracoler dans les étendues insondables de la pure aventure.

#15 – L’évidence des indices

L’issue du problème doit toujours être apparent – à la seule condition que le lecteur soit lui-même assez perspicace pour la saisir. Par-là, je veux dire que si le lecteur, après avoir entendu les explications du crime, venait à relire le livre, il devra sentir que la vérité lui pendait au bout du nez depuis tout le long – et qu’ainsi toutes les indices menaient bel et bien au coupable. A cela, que s’il avait été aussi intelligent que le détective, il aurait lui-même résolu le mystère avant la fin du dernier chapitre.

#16 – La place de la description

Un roman policier ne doit contenir aucun long passage descriptif, ni de badinage littéraire pour traiter de questions secondaires, ni de subtiles analyses sur un personnage travaillé, ni de préoccupations « atmosphériques ». Tels sujets n’ont aucune place dans le récit du crime et de son élucidation. Ils ne font que suspendre l’action et introduire des problèmes inutiles au but de l’ouvrage, à comprendre la résolution de l’intrigue. Ne me méprenez pas : il doit y avoir une suffisante description et un cernement du personnage pour donner au roman du réalisme.  

#17 – Culpabilité

Un criminel professionnel ne doit jamais subir le poids de la culpabilité pour le crime commis. Les crimes commis par les cambrioleurs et bandits sont de l’affaire de la police municipale – pas celui des auteurs et brillants détectives amateurs. Un crime réussi est commis par un membre d’église ou une vieille fille connue pour sa charité.

18 – Les fins lâches…

Un crime ne doit jamais se résoudre le simple fait d’un accident ou d’un suicide. Terminer l’odyssée de cette inspection sur un tel retournement de situation, c’est tromper le fidèle et bon lecteur.

#19 – Les motivations criminelles

Les motivations pour tout crime d’un roman policier doivent tenir du personnel. Les intrigues internationales et conflits politiques appartiennent à un autre genre de la littérature. Le récit d’un meurtre devrait rester, disons, « confortable », et doit refléter les expériences quotidiennes du lecteur, lui servir d’épanchement à ses émotions et désirs réprimés.

#20 – Les clichés du récit de détective

Enfin, ci-dessous est une liste des moyens qu’aucun respectable auteur de roman policier ne pourrait se permettre. Ces derniers ont été trop souvent usés et sont familiers à tout passionné de la littérature de crime. Les utiliser serait une preuve de l’inaptitude et du manque d’originalité de l’auteur.

  • Déterminer l’identité du coupable en comparant les restes de cigarette trouvées sur la scène du crime avec la marque de celles fumées par le suspect
  • La fausse séance spirituelle pour effrayer le coupable et l’amener à se révéler lui-même
  • Les marques d’empreintes digitales
  • L’excuse de la personnalité stupide
  • Le chien qui n’aboie pas et, ainsi, révèle le fait que l’intrus serait plus familier qu’il ne paraîtrait…
  • La dernière explication du crime par l’existence d’un jumeau ou d’un proche de ressemblance frappante, mais innocent
  • La seringue hypodermique et le sérum de vérité
  • La réunion du meurtrier dans un lieu clos avant l’entrée en force de la police
  • L’emploi des associations de mots pour découvrir le coupable
  • Les codes chiffrés et lettres codées déchiffrés par le détective

C’est tout pour ces 20 conseils déjà bien conséquents de S.S Van Dine… Avez-vous déjà écrit de cette littérature ? Si oui, quels seraient vos propres conseils sur la question ? Partagez et édifiez !


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