S’imposer un rythme ?

Depuis quelques temps déjà, je vis une relation compliquée avec mon rythme.

En petite anecdote, j’ai eu cette idée d’article ce samedi matin où je vous écris, alors que la fatigue me pesait et que mon corps luttait pour s’éveiller comme habituellement aux alentours de 6h. Mon esprit excité par les idées ne pouvait être en paix sans les avoir notés, aussi je me levai avec obéissance. Puis, l’idée de poursuivre en s’emparant de mon ordi et taper l’article en question à tout vitesse me vint, tentatrice.

Mais la vérité se rappela heureusement dans la lassitude de mon corps – bouleversé par un manque de sommeil important et d’un vaccin trop violent – et il a fallut me résonner, retourner entre les draps non dans l’espoir de fermer de l’œil, mais tout du moins de chercher à ralentir.

Dès à présent, on approche des onze coups de la matinée – et j’ai su me reposer, un livre en main, en méditations ou à simplement rêvasser quelques fictions. C’était une large victoire, moi qui étais prête, dès le levé, à entamer mon coaching et la rédaction sur mon blog. Cela aurait été une grave erreur, car je n’aurais alors toujours pas vaincu cette fatigue ennemie à mon efficacité.

De même, ceux qui me suivent sauront que je n’écris plus, le temps de mon travail à temps plein en Maison d’édition – je ne me sentais tout simplement pas de m’imposer trop d’activités en même temps, en plus du coaching. Quant au blog et aux réseaux, j’ai pris de grandes libertés (vous le verrez à ce post instagram, posté il y quelques semaines).

Pour moi, il n’est simplement plus question de reprendre le rythme ardent que je m’étais imposée – et continue parfois de me l’imposer… Il me faut retourner à l’essentiel, me rappeler mes besoins avant ceux de mes lecteurs. Un exercice peu évident pour mon caractère assez altruiste, mais nécessaire à mon propre bien.

Alors, mais la question se pose toujours : est-il bon de s’imposer un rythme ? Il nous faudrait pour cela interroger le bien-fondé du rythme, puis d’en comprendre les déraillements. Ces quatre points de réflexions, je l’espère, vous apporteront le nécessaire pour apprivoiser à votre tour un rythme qui vous convienne.

#1 – Le rythme, une piste de la discipline

C’est bien connu : il n’y a pas de discipline sans la marque du temps, et plus précisément de la prise d’un certain rythme. Or, il n’y a pas non plus d’efficacité sans discipline !

C’est d’ailleurs ce qui a été un de mes conseils sur la tenue d’un blog et de ses réseaux. Sans régularité, comment serions-nous visibles ? Le rythme de publication rend compte de la présence assidue d’un auteur et permet à ses lecteurs de le tenir informé de la suite des publications. C’est un peu comme un engagement : « si tu te connectes à tel moment, tu ne seras pas déçu de trouver une de mes nouveautés. »

De manière plus personnelle, c’est toujours un bon exercice que de chercher la discipline par un rythme défini. Cela peut nous challenger, nous prouver à nous même l’élasticité de nos limites… mais encore faut-il bien jauger pour ne pas se prendre dans son propre piège de l’incapacité !

Voir mon article de conseils pour tenir un bon blog.

#2 – L’assurance, un bienfait du rythme

On le voit bien : ceux qui parviennent à une bonne discipline sont généralement plus confiants que ceux qui ne s’en cherchent pas. On trouve une assurance dans le contrôle de nos activités, au lieu de nous laisser nous gouverner par nos humeurs et les aléas de nos quotidiens.

L’assurance se tire également de notre capacité à avancer avec efficacité, voire avec rapidité. On connaît notre rythme et on en voit le bout : quel soulagement ! L’effort est alors largement récompensé.

#4 – L’imposition, source de contrainte

Maintenant que nous avons vu que la recherche d’un rythme à soi portait ses nombreux fruits, il faut pouvoir aussi prêter prudence aux termes que nous pouvons parfois utiliser, consciemment ou inconsciemment. Il va sans dire que le terme de « discipline » en lui-même connaît souvent une certaine répugnance, car on y voit avant tout l’effort et la peine pour s’en tirer. Pas besoin de vous interroger non plus sur votre sentiment à mon utilisation de « s’imposer un rythme » pour le titre de cet article.

L’imposition est un terme très péjoratif ; et bien qu’il recourt souvent à une force extérieur et contre nous, on remarque que cette contrainte peut aussi naître de notre propre volonté.

Cela signifie-t-il qu’il ne faut donc rien s’imposer ? Pas tout à fait : car on dit bien qu’il faut aussi savoir « s’imposer ses limites ». La contrainte en elle-même n’est pas une chose malhonnête, elle peut même nous motiver si elle est tournée dans un bon sens ; plus encore, elle peut servir de cadre de sécurité au sein de ces limites imposées et sous notre contrôle.

#5 – Le blocage, conséquence d’imposition.

Il faut donc pouvoir découvrir ses limites afin de correctement se les fixer (générer un cadre de sécurité) et non de les franchir (danger de la contrainte toxique), bien qu’il soit possible de les repousser en douceur (en gagnant de l’élasticité).

Mais alors que se passe-t-il lorsque nous considérons mal ces limites ? La liste est longue et vous la connaissez sûrement – certains grands mots comme « fatigue » et « manque d’efficacité » sont d’ailleurs revenus en introduction. J’aimerais partager une autre conséquence que j’expérimentais également sur les réseaux : le blocage.

Oui, car trop d’imposition, plutôt que de sécuriser, bride et bloque. Il n’y a plus de place à la liberté créative, coupée par l’inlassable monotonie. C’est un peu comme le fordisme : à force de répéter en chaîne la même chose, il n’y a plus de nouveauté au travail.

Pour en revenir à mon expérience…

Pour ma part, j’avais pris un rythme d’une publication de blog chaque dimanche et de trois publications hebdomadaires sur instagram : une photo-rapport le mardi, une citation le vendredi et un avant-goût de l’article de blog le dimanche. Pire : comme je n’avais pas de temps à prêter à tant de photographie, les deux tiers de mes publications étaient des visuels dont je me contentais simplement de changer le contenu chaque semaine. Vous me direz, « et alors ? tout le monde fait ça ! » En effet : mais je découvre que cela ne me correspondait pas.

Certes, je ne faisais par là que répondre à la demande de mes lecteurs. Mes posts, notamment les textes, n’en étaient pas moins bons, mais ils manquaient de nouveauté et, surtout, de créativité. J’étais en train de perdre mon déjà bien maigre fil artistique !

Après quoi, il devient difficile de vouloir poursuivre son travail. Ce n’est pas que l’on manque d’idées – c’est que l’on manque d’authenticité. On n’écrit plus avec le cœur, simplement avec les doigts.

Je me suis alors demandée : « à quoi bon si je ne rentre plus en résonnance avec ce que je fais ? Mes lecteurs éprouveront-ils quelques difficultés à leur tour ? »

Alors oui, j’ai tiré beaucoup de satisfaction à ma grande productivité de ces derniers mois ; je sais d’ailleurs combien mon travail aussi soutenu avait pu soutenir à son tour mes lecteurs. Cependant, j’éprouve le besoin d’une nouvelle source de satisfaction : celui de s’avoir reconnaître mes limites et de penser mon contenu davantage en terme de qualité qu’en terme quantité.

Pour le moment, je ne pense pas revenir à une publication de blog hebdomadaire – si j’y arrive, tant mieux. Je ne me fixe pas de dates, je ne programme rien – là, encore, quelque chose qui, bien que pratique, me posait beaucoup souci. De même, j’ai cessé de programmer mes posts : j’ai besoin de sentir que je vous parle maintenant, de la façon la plus spontanée et authentique. Vous livrer un contenu vrai et qui me reflète au plus proche.

Pour aller plus loin : mon article sur le rythme de chacun

J’espère que cela ne découragera pas votre suivi de ce blog, vous qui avez été si fidèles à me suivre ! Croyez-le : ce faisant, je ne pense pas seulement à moi, mais je tâche de répondre à vos besoins de mon mieux et de façon plus riche, même si cela doit prendre du temps. Réfléchissez-vous aussi aux domaines dans votre vie qui nécessiteraient d’un ralentissement : qu’est-ce qui vous coûte trop ? En faire autant est-il vraiment nécessaire ?

Je vous souhaite de poursuivre dans un bon rythme – votre rythme – et toute l’assurance que cela peut vous apporter.


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