Billet #1 – La vérité sur l’écriture

Je commence ici un nouveau format, en espérant que cela vous plaise – un format plus libre, plus authentique. Celui du billet, également plus court et spontané. Alors, il n’y a pas vraiment de mot d’ordre – je suis le cours de ma pensée.

Bonne lecture dans l’esprit d’un écrivain dérangé.


« Par où commence ton royaume, Seigneur ? « 

Ces derniers mois, j’ai lâché l’écriture. Cela n’a pas été évident – il m’a fallut d’abord desserrer les doigts autour de la plume, avant de la poser fermement, pour un temps indéfini. Je voyais d’autres priorités autour de moi : mes études, ma famille, ma place. Ces dernies mois ont été pénibles – peut-être les plus pénibles de toutes mon existence – mais également fructueux. Je savais ne pas lâcher en vain l’écriture.

Un autre espoir me portait : la séparation ne serait pas pour toujours. Je me résolvais de retourner à l’écriture dès la clôture de mes examens, il y a une dizaine de jours. La vérité est que je n’ai toujours pas cherché de franche réconciliation – trop de distractions trottent encore dans ma tête.

Ma plume n’est pas bien loin delà, posée toujours sagement là où je l’avais délaissée. Je peux à présent m’y consacrer – pourtant, quelque chose m’y empêche. Je ne suis plus si sûre de la voie à suivre.

Il s’est passé tellement de choses, à l’extérieur comme en moi-même. Des besoins m’apparaissent, partout où se pose mon regard – et je veux agir. J’entends un cri, je veux y courir. Des esprits las, je veux soutenir. Après tout, n’était-ce pas ce premier sentiment qui m’avait conduit à l’écriture : celui de pouvoir relever le monde, même pour quelques instants, de sa souffrance et de ses luttes ?

La chose est noble – mais elle paraît si loin, inatteignable. L’écrivain se fait avant tout spectateur du monde qui l’entoure, avant de rendre compte des réalités qu’il voit le plus fidèlement. Il est bien passif, pendant tout le temps que prend l’écriture de son ouvrage. Puis, si publication de l’ouvrage en question, qu’est-ce ce qui pourra garantir sa réussite ?

Les vents chauds, venant du désert, soufflent plus fort. Ils sont insoutenables et me titillent. Dois-je donc m’en protéger par la patience ou plutôt les affronter ?

L’écriture ne m’a jamais semblé aussi vain. Je ne sais plus vers quoi je m’avance, ni ce qui résultera de mes efforts. Le processus est si long – on aimerait se sentir plus près du résultat.

D’autres œuvres sont à portée de main, plus accessibles, plus efficaces. La tentation est grande de s’en contenter, de refourguer l’écriture à plus tard. Se contenter d’agir dans son cercle proche par crainte de ne jamais pouvoir atteindre plus écarté.

Il y a un temps pour tout – pour les choses proches comme pour les moins proches. Une autre difficulté est de discerner ce temps dans lequel nous sommes. Reprendre l’écriture, même après tous ces mois écoulés, est-ce pour maintenant ? Par où commencer à agir ? Où puis-je donc me montrer le plus utile ? En prière silencieuse je me fonde.

L’écrivain est à jamais condamné – condamné à avancer dans l’obscurité la plus totale où les mots mêmes sont en fuite.


4 réflexions sur “Billet #1 – La vérité sur l’écriture

      1. il y a un temps pour vivre aussi, expérimenter la vie et le retransmettre par l’écriture. Le don que tu as reçu, tu l’as reçu. C’est indéniable, alors peut être que de savoir que TOUT est entre Ses mains, et que les plans pour toi sont prévus d’avance, et se feront selon Sa volonté et dans Son temps, ne te mets pas la pression. Enfin, j’en parle en connaissance de cause. Souffle, vis, respire. Dieu rachète le temps, de toute manière

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