5 étapes pour reprendre l’écriture

Mon année d’étude finie, quelques mois se profilent devant moi pour profiter de ce que je me suis trop longtemps refusé : l’écriture. Ce n’est pas tant que je regrette – il y a, selon moi, un temps pour tout et le temps pour les études ne se prêtait tout bonnement pas à l’écriture (voir mon dernier bilan) – mais c’est avec mélange d’excitation et de crainte que je considère ces prochaines semaines.

Entre autres, et comme chaque fois que je tente de reprendre l’écriture, cette question me revient : vais-je y parvenir ? Ce qui semblait jusqu’alors naturel ne l’est plus, car la relation a été trop longtemps rompue.

Je vous avais déjà partagé, il y a un an, quelques méthodes m’ayant été utiles à la reprise de mon roman, notamment pour sa réécriture. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager de mes nouvelles manœuvres pour me réconcilier avec l’écriture, après cette trop longue absence. Le chemin n’est pas facile et nombreux sont les doutes – mais comme pour toute relation, c’est en s’armant de patience et de douceur que l’on reconnecte le mieux.

Voir mon article de blog : « 5 pas avant de reprendre son roman »

#1 – Revenir à la genèse

Ce point, je l’avais déjà cité dans mon dernier article de blog, mais il me paraît si essentiel que je ne peux que le réitérer.

Qu’importe le nombre d’année que vous ayez passé à écrire, vous avez certainement débuté par des projets inachevés ou de plus petites et frêles compositions. Peut-être même en avez-vous été fiers, avant de les dénier dans un tiroir, en espérant que personne si ce ne n’est vous ne sache leur existence. Là, vous les oubliez – il y a déjà trop à se préoccuper.

Ses écrits du passé ne font pas moins partie de vous, quoique qu’ils témoignent d’un autre vous. Ils sont le récit de vos premières passions, maladroites, mais pas moins belles.

Les relire m’aident à me rappeler ces plaisirs de l’écriture et raviver la flamme de la passion.

#2 – Ouvrir un livre

L’écrivain écrit pour son lecteur. Si donc nous oublions ce pour quoi nous lisons nous-mêmes, nous risquons de ne pas parvenir à notre fin des plus efficacement.

C’est un peu ce que sous-entendait Stephen King en disant que si nous n’avions pas de temps à accorder à la lecture, nous ne devrions pas en accorder à l’écriture. Quoiqu’un peu extrême, une vérité demeure : l’écrivain ne devrait pas négliger la lecture, si peu qu’il lise.

Lire les mots d’un autre permet également à notre esprit de pratiquer sa compréhension d’un discours, pour ensuite formuler le sien. A cela, il est donc essentiel de se rapprocher d’un texte correct et au style qui vous parle. Accorder à nos yeux de se repaître des mots d’un autre nous permet également de redécouvrir toute leur richesse et de stimuler en nous le désir d’en jouir à notre tour, plus personnellement. En lisant, l’écrivain se rappelle ce pour quoi il écrit.

#3 – S’affranchir des contraintes

Un conseil qui revient souvent, lorsque nous luttons ou craignons de lutter avec des blocages, est de s’affranchir de tout ce qui pourrait endiguer notre avancée.

Les contraintes sont nombreuses et apparaissent souvent bien inconsciemment. Nous pouvons nous imposer une contrainte de temps, d’un délai durant lequel nous ne nous autorisons pas à couper de l’écriture, ou d’un horaire précis à respecter. Peut-être, contrairement à vos habitudes, vous sentirez-vous plus aptes à écrire au petit matin, avant votre journée de travail, ou plutôt en soirée, une fois les soucis du quotidien mis de côté. Voire, vous préférerez grignoter par-ci et par-là votre temps pour l’écriture, selon l’inspiration et l’envie qui vous anime. Ne vous refusez rien – au contraire, accueillez ces temps où vous vous sentez des plus disposés à écrire.

En ce qui me concerne, la contrainte du format peut parfois me rebuter. Lorsque j’écris régulièrement, j’aime avoir un format avancé qui me donne une vision claire du devenir de mon texte – quelque part, voir mon texte si près du format de publication m’encourage à poursuivre. Toutefois, la chose n’est pas aussi évidente lorsque je dois commencer ou reprendre l’écriture – la mise en forme me trouble et me bride dans mon élan, je crains de ne pouvoir être à la hauteur de mes attentes. J’ai besoin de reprendre sur un brouillon, détaché de toute mise en forme, pour reprendre confiance en ma plume et en mon texte.

Paradoxalement, certaines personnes seront aidées des contraintes. Leur personnalité fait que, sans quelque bousculade, ils ne parviendront tout à fait à se remettre dans une certaine discipline. Un challenge par le temps ou des défis partagés avec d’autres auteurs leur feront le plus grand bien – les appels à textes, par exemple, sont une bonne idée pour les replonger dans l’univers de leur plume et de se lancer sur un projet suffisamment concis, mais efficace.

#4 – Commencer petit

Faire de grands pas, surtout lorsque nous n’en avons plus l’habitude, est bien épuisant. Comme le sport, si l’on cherche à progresser trop vite, nous risquons de nous décourager – pire, nous courons le risque de détester cet exercice qui nous est si difficile. Lorsque j’ai voulu reprendre le sport, il y a deux ans, j’ai dû apprendre à écouter mon corps, apprécier la tension qui grimpait dans mes membres tout en veillant à ce que celle-ci demeure supportable. J’ai ainsi commencé par de petites sessions de 20 min, largement suffisantes à mon niveau, jusqu’à pouvoir endurer aujourd’hui de bien plus longues sessions. Je ne me suis pas découragée du sport, car je n’ai jamais cherché à dépasser mes limites – au contraire, je prenais plaisir à me challenger, à augmenter la distance de chacun de mes pas.

L’écriture agit de même. Si nous tentons de reprendre la plume avec de trop grandes attentes, quelque soit notre motivation du moment, il y a de fortes chances que nous échouions. Si, au contraire, nous tâchons de réfréner quelques peu nos ardeurs, pour nous concentrer avant tout sur de plus petits pas, il nous sera plus évident d’allonger nos foulées avec le temps. C’est tout l’intérêt du célèbre « défi du sablier » inventé par l’autrice Samantha Bailly et que je reprends volontiers dans mes propres défis hebdomadaires.

Voir mon dernier défi sur ma reprise de l’écriture.

#5 – Se forger de patience

Enfin, il est bien difficile de garder patience lorsque nous sommes attisés par un renouvellement de la passion ou par une soif trop longtemps négligée de l’écriture. Nous souhaitons alors tout précipiter, dans l’espoir que l’avenir nous sourira.

Puis, en échouant, nous tombons des nues. Les forces nous quittent tout à coup et nous ne savons plus par quel bout reprendre.

Comme pour toute relation, il ne fait pas bon de précipiter les choses – il faut du temps pour rencontrer, apprendre et connaître. Idem pour renouer avec un vieil ami. Car alors, le temps a également fait son œuvre et changé les premières habitudes – il vous a peut-être changé vous, en premier lieu.

Reprendre l’écriture est une période de réapprentissage, de réadaptation. Nous changeons de milieu et d’exercice, et cela n’est pas sans coût. Vous allez devoir sacrifier – un peu de temps, un peu de vous-même. Mais vous allez y parvenir, parce que vous souhaitez ce retour de la relation si précieuse.

Si vous vous forgez sincèrement dans la patience, rien ne pourrait vraiment vous décourager dans votre entreprise.

Comment avez-vous l’habitude de reprendre l’écriture, lorsque trop longtemps laissé de côté ? Parvenez-vous à identifier les éventuels blocages qui vous freinent ? Un des ponts cités plus haut vous parle-t-il particulièrement ? La patience commence dès à présent – refléter sur l’état de votre plume fait partie de l’exercice de l’écriture. Si vous sentez quelques tensions, ne négligez plus cette étape.


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