Billet #2 – Le temps court

« If you knew Time as well as I do… you wouldn’t talk about wasting it. »

Lewis carroll, Alice in wonderland

Cette semaine passée à écrire s’est déroulée dans la plus grande des tranquillités – avec un minimum d’1h30 d’écriture par jour, je me sentais plus que comblée par cette reprise de l’écriture. Le reste du temps, j’en profitais pour me ressourcer : lire, visionner des films, cuisiner, sortir à la rencontre d’amis – en bref, simplement profiter de la vie.

Puis en observant la vie d’autres auteurs, écrivant à peine leur journée de travail accomplie, et ce jusqu’à tard dans la soirée, je ne me suis plus tout à fait trouvée légitime. Comment pouvaient-ils donc y parvenir tandis que je trouvais la chose tout à fait impossible lors de mes études ? Aujourd’hui encore, je n’ai pas le cœur à une si grande tâche. Je continue à gratter une poignées d’heures seulement pour écrire.

Et pourtant, le temps court – et le temps est court.

Cela fait bien sept ans que j’écris – pourtant, je n’ai encore rien publié à mon compte. J’ai écrit de nombreux premiers jets, travaillé plusieurs manuscrits – j’ai même testé plusieurs fois l’envoi en maison d’édition. Chaque fois, pourtant, un même sentiment : quoique l’envie était là, je ne me sentais pas prête. Ma plume devait encore maturer.

Beaucoup de mes lecteurs nieraient ce fait – « ton roman est très bien ! » me chante-t-on souvent. « Il faut bien marquer le point final. » C’est vrai. Mais comment expliquer que je ne sois toujours pas en paix ?

Les derniers mois ont fait preuve de grands changements dans la maturation de mon style – et j’en suis bien plus que reconnaissante. Ma plume est-elle pour autant prête à tenter à nouveau de séduire les maisons d’édition ? Ne devrais-je donc pas attendre la fin de mes études pour m’en préoccuper ?

Finalement, je crains moins le temps qui court que de devancer le bon moment. Quelle honte si je parvenais à publication avant même que je ne sois tout à fait prête ! Le texte en question ne serait alors pas révélateur de mon don.

Si je ne peux donc ni regarder en arrière, ni me projeter tout à fait vers l’avenir, il ne demeure pour moi qu’une chose : ce temps si précieux du présent. Que vais-je en faire ? Je ne peux que faire de mon mieux pour ne pas le perdre.


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