Choisir son bêta-lecteur

Sur le point de terminer la réécriture de mon roman, je prépare une prochaine étape à franchir : celle de pouvoir dénicher mon – ou mes – bêta-lecteurs. Pour être entièrement honnête avec vous, une lectrice et amie s’était déjà emparée de ce rôle, avant même que ne débute ma réécriture ; pour dire qu’il n’y a aucun mal à décider du moment de soumettre notre manuscrit si nous avons assez confiance.

Confiance, en voilà un grand mot ! Comment trouver la force de partager ainsi une partie de nous-même – de nous mettre à nu, aurais-je envie de dire – face à cet « autre » capable de juger notre création ? Pour cela, il faut que le bêta-lecteur soit bon et convienne à nos besoins. Mais alors, comment choisir, précisément ?

C’est à cette question que je tente de répondre dans cet article, armée de mon humble avis et expérience dans le sujet. Pour cela, il va nous falloir nous interroger sur le vrai rôle du bêta-lecteur.

Les qualités du bêta-lecteur

Les qualités qu’un auteur attend généralement de son bêta-lecteur sont les suivantes :

  • Observateur, dont le regard aiguisé ne loupe aucun détail
  • Objectif jusque dans son opinion
  • Indulgent au gant de velours
  • Maître du langage

Cette liste de qualités, bien que justifiée, a de quoi tromper – tant l’auteur, qui ne trouvera jamais tel profil parfait, que le bêta-lecteur qui ne sera jamais pris au sérieux. Ce qu’un auteur devrait rechercher :

  • Un profil au goût prononcé pour la lecture

Pourquoi ? Car nous avons tendance à voir chez le bêta-lecteur davantage du professionnel que du « lecteur » qui compose son rôle. Un lecteur, dois-je pourtant le rappeler, est comme vous et moi : il a ses failles et ses atouts. Un lecteur est également là avant tout pour se divertir, prendre goût à son activité. De même, nous devrions chercher un profil qui saurait prendre goût à notre création et, ainsi, prendrait à cœur de soutenir notre projet. Le bêta-lecteur est le second de l’auteur.

Est-il nécessaire que le bêta-lecteur soit professionnel ?

Les révélations de notre première interrogation nous menant à une réponse évidente, je n’y passerai pas par quatre chemins : non.

Comme je l’ai dis, le bêta-lecteur est avant tout lecteur. Ainsi, quiconque a la faculté de lire est en capacité de critiquer votre texte. C’est le cas de tous vos futurs lecteurs, qui porteront une opinion bien personnelle sur votre ouvrage.

Alors, c’est assez facile de trouver son bêta-lecteur ! En vérité, pas tout à fait… car si l’on peut avoir assez confiance en ses proches pour leur livrer notre bien, eux n’auront peut-être pas la même confiance pour critiquer votre texte et craindrons même de ne vous décevoir par leur avis. Le bêta-lecteur idéal ne réside donc pas tellement dans ce cercle.

De même, tout le monde n’apprécie pas la lecture de la manière, ni les mêmes sujets abordés, ni les genres choisis. Il faut pouvoir trouver le profil du lecteur qui saurait être intéressé par la lecture d’un tel livre que le vôtre. C’est le cas de l’amie à qui j’ai pu confier mon texte – je savais que, par son amour pour la fantasy et les romans singuliers, elle était la plus à même d’apprécier la lecture de mon texte, aussi peu parfait dans ses débuts. Ayant l’habitude de lire de ce type d’ouvrage, elle était capable de me pointer les failles de la construction de mon intrigue, les idées à revoir, les passages qui ne convenaient pas à un lecteur comme elle. Malgré toute sa critique, et parce qu’elle a su apprécier mon texte, cette amie est également devenue un grand soutien dans mon projet, m’encourageant à poursuivre dans son amélioration.

Je vous le conseille absolument : cernez avant tout les lecteurs visés par votre texte et faites-le lire à un tel lectorat. Si vous écrivez un roman jeunesse, lisez votre histoire à des enfants – il n’y a rien de mieux que de voir la réaction virulente de ces tous petits pour comprendre les points à revoir ou à approfondir dans son histoire. Si vous écrivez à des jeunes adolescentes, ne soumettez pas votre manuscrit à un lecteur de la quarantaine…

Le bêta-lecteur professionnel

Il existe malgré tout des bêtas-lecteurs professionnels à ne pas négliger. Leurs services sont évidemment onéreux, mais promettent plus ou moins une relecture de qualité et ce dans un temps record.

Attention, car contrairement à ce que l’on pense, tous de ne sont pas diplômés ! Cette nouvelle activité de plus en plus reconnue foisonnent sur le net et les réseaux sociaux, car c’est une activité accessible à qui le veut, tant que celui-ci est prêt à prendre les risques de l’entreprenariat. Faites donc attention à bien vous informer sur le parcours de tel bêta-lecteur dont les prix vous intéressent – s’il n’a pas suivi des études ou formations en rapport avec la langue et la rédaction, il vous sera plus difficile de lui faire confiance.

Beaucoup d’auteurs se lancent d’ailleurs dans cette activité, à côté de leur premier rôle, pour arrondir leurs fins de mois. Cela ne part pas non plus de mauvaises intentions, mais son rôle d’auteur ne peut être garant de la qualité de ses services. Certes, il peut comprendre les mécanismes du récit et vous guider sous cet angle, mais si vous recherchez un travail de forme – correction orthographique, syntaxique, aide à la qualité rédactionnelle, etc. – davantage que de fond, il est fort probable que cet auteur ne soit pas plus professionnel que vous !

Personnellement, je me méfie beaucoup de ce type de bêta-lecteur, qui est le même rôle que celui du correcteur en maison d’édition – un service qui doit vous être proposé gratuitement ! Pourtant, il est incontournable si vous décidez de passer par le moyen de l’auto-édition.

Le bêta-lecteur auteur

Enfin, j’aimerais parler plus précisément de l’auteur bêta-lecteur – car l’auteur étant bien souvent bon lecteur, il est selon-moi le mieux placé pour juger le texte d’un autre auteur – à juste valeur.

Dans l’histoire, on peut compter différents groupes d’écrivains qui s’entraidaient ainsi par l’apport de leur avis sur les textes des uns et des autres – sans compter que la plupart des écrivains, à l’époque, étaient critiques de presse. Du siècle passé, on peut citer l’exemple des Inklings, un groupe notamment formé de C.S Lewis, de J.R.R Tolkien et d’historiens qui alimentaient leurs récits de connaissances.

Aujourd’hui, je pense qu’il est important pour tout auteur de conserver un pareil cercle, pour échanger et s’entraider. Ainsi, on ne devrait pas hésiter à proposer à un autre auteur – si possible, aux goûts les plus similaires – d’échanger nos avis ; alors, rien à payer si ce n’est son propre travail pour celui de l’autre !

Alors, que pensez-vous de ces différents types de bêta-lecteurs ? A qui préfériez-vous confier votre texte ?

On se retrouve la semaine prochaine pour considérer un autre point de vue de la bêta-lecture : les moyens pour le devenir soi-même !


Une réflexion sur “Choisir son bêta-lecteur

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