5 pas avant de reprendre son roman

Que vous ayez terminé un premier jet et l’ayez laissé reposer pour un temps ou que vous ayez abandonné un projet que vous considériez ne pas être assez « mâture », la reprise d’un manuscrit est souvent une étape difficile qui s’éprouve en un puissant blocage – et ce, qu’importe notre aisance dans l’écriture !

Ce blocage a menacé de refaire surface lorsque je me suis lancée dans le second tome de ma trilogie l’Héritage d’un monde, un tome dont seule la première partie avait été rédigée, et ce depuis bout de temps. Pas facile de replonger dans cet univers chaotique où tout est à démêler et reconstruire ! A chaque nouveau départ de mes projets, un besoin se fait ressentir : renouer les liens avec ma création. Cela, nous ne pouvons le faire toutefois d’un claquement de doigts, mais à force d’efforts et de patience.

Ces cinq pas à prendre que je vous propose sont des pas qui, personnellement, m’ont initiée à ce renouement tant cherché. Ils pourront vous paraître bien évidents, mais je peux assurer de leur succès – parfois, le chemin le plus simple est à préférer.

#1 – Savoir s’écouter

L’essentiel, pour renouer avec son histoire, n’est pas seulement de connaître notre création, mais surtout de nous connaître nous-mêmes. Quels sont mes besoins ? Comment est-ce que je fonctionne ? Qu’est-ce qui me stimule ? Quel est mon rythme ? Il n’y a pas de mauvaise question à se poser ! Prenez le temps d’écouter l’écrivain qui est en vous, avant même de vous pencher sur les besoins de votre texte.

Peut-être n’avez-vous pas instauré un rythme d’écriture qui vous convenait : vous vous êtes imposé des sessions trop denses et difficiles à caler dans votre emploi du temps et vous vous en découragez d’avance ; au contraire, peut-être n’avez pas laissé suffisamment de place à l’écriture et que, pour pouvoir vous replonger dans le récit, vous nécessitez d’y consacrer plusieurs heures par jour ! Ce dernier problème est souvent le mien – je remarque que pour être efficace dans mon écriture, il me faut pouvoir garder, certes une régularité, mais surtout une priorité, une place incontournable à l’écriture.

J’ai aussi récemment découvert que consommer durant mes séances d’écritures me stimulait particulièrement : pas besoin de beaucoup, une tassé de thé et un fruit ou petit gâteau – je garde, par exemple, mon dessert pour écrire – suffit ! Mais l’éveil des papilles et les apports de ces aliments participent grandement au fonctionnement clair et efficace de mon cerveau. Peut-être en sera-t-il plutôt, pour vous, un éveil par la musique ou encore par l’intimité du silence d’une pièce ? Peut-être avez-vous besoin de prendre l’air et d’emporter vos outils au parc ou à la terrasse d’un café ?

Pour cela, apprenez à vous connaître !

Lire mon article sur le rythme des auteurs

Lire mon article sur comment se stimuler

#2 – Le pas à pas

Tous les auteurs vous le rappellerons : rien ne sert de brusquer. L’inspiration nécessite d’un certain domptage et ce n’est pas à grands coups de fouets que vous tiendrez tranquille la bête ! Il faut savoir partir avec douceur, mais partir à point.

Pour ce faire, les méthodes sont nombreuses : objectifs, défis, outils et communautés, tout y passe !

Les objectifs intéressent de nombreux écrivains – et de nombreux autres professionnels, à vrai dire – pour leur évidence et simplicité. Après avoir appris à vous connaître, vous saurez quels objectifs sauraient le plus vous stimuler : est-ce voir votre quota de mots grimper ou la fierté d’avoir passé un certain temps sur votre manuscrit ? Personnellement, j’ai horreur des chiffres et compter mes mots est plus déstabilisant pour moi, car je ne produis pas de la même manière chaque jour – et cela ne signifie pas pour autant que je produis moins ! C’est le temps passé chaque jour sur mon manuscrit qui m’encouragera à poursuivre en me félicitant. Il est alors possible de se donner des objectifs hebdomadaires, mensuels ou trimestriels – là encore, en fonction de si vous préférez une lointaine projection de vos accomplissements, ou un accomplissement moins important, mais plus rapide à venir !

Les défis rejoignent plus ou moins les objectifs, car eux aussi sont de puissants stimulants. Les défis peuvent être de plus ou moins longue durée, mais ne concernent qu’une période qui favorisera notre écriture en nous retranchant de nos conforts. Le succès réside dans l’accomplissement à avoir su se dépasser pour un temps et nous redonnera une certaine estime qui sera moteur à notre projet. Saurez-vous vous réveiller plus tôt, chaque matin pendant une semaine, pour accorder à l’écriture un temps de qualité ? Sauriez-vous accorder un certain nombre d’heures à votre roman que vous n’auriez jamais cru pouvoir boucler auparavant ? Les défis sont nombreux comme sont différents les auteurs. Plus superbe encore est que, si succès il n’y a pas, la stimulation et l’excitation qu’aura produit le défi nous permet généralement de continuer malgré tout sur une bonne lancée !

Enfin, pour parler des communautés, celles-ci ne sont pas à négliger lorsque l’on considère notre besoin humain de contact et de soutien. Pouvoir tenir compte de notre avancée, s’encourager mutuellement, écrire ensemble :, tout pousse à une meilleure appréhension de nos sessions d’écriture. Quelque chose qui m’a bien été utile par le passé, entre autres, a été la possibilité d’écrire avec d’autres auteurs – ce que certains appelleraient des rushs d’écriture. Le groupe – ou binôme – se donne une heure d’écriture durant laquelle, connectés ensemble, ils écrivent. A la fin de cette session commune, un rapport doit être fait, qu’il soit bon ou mauvais : l’important est d’avoir participé et consacré du temps et au groupe et à l’écriture !

Voir mon expérience du défi sablier

#3 – Le carnet de notes

C’est drôle, quand j’y pense, car j’avais beaucoup négligé ce merveilleux outil ces derniers mois. Pourtant, lorsqu’il m’a fallut reprendre ce fameux tome 2, difficile était la tâche de me rappeler toutes mes idées passées et de poser au clair toutes celles qui se bousculaient dans mon esprit… j’ai alors repris le fameux carnet qui m’accompagne pour ce projet et dans lequel j’avais rapporté toutes les données essentielles sur les intrigues, les personnages et l’univers.

Quel plaisir n’ai-je pas ressenti en caressant ces traces du passé, ce brouillon de notes qui m’avait suivie dans les premiers essais… quelle envie de reprendre ce projet en a germé !

J’ai donc repris aujourd’hui ce carnet et le remplis de jours en jours, n’hésitant pas à rapporter le moindre blocage et la moindre problématique. Ecrire à la main, on le dit souvent, a quelque chose d’assez libérateur en comparaison à l’utilisation de l’ordinateur – et c’est vrai ! Cela permet généralement l’éclaircissement des idées par la mise en mots de ces idées.

Puis, je connais le plaisir qui sera encore le mien de redécouvrir ces précieuses notes, bien des années plus tard, lorsque toute l’aventure sera finie – du moins, en partie.

Lire mon article sur mon utilisation des carnets

#4 – Relire son texte

Une autre méthode qui m’a été particulièrement favorable, celle-ci davantage avant la reprise d’un projet pour sa réécriture, est la relecture de ce texte dans son ensemble avec le détachement d’un lecteur lambda.

Le mieux, alors, est de se mettre au plus confortable : considérer, par exemple, l’utilisation d’un kindle – d’une liseuse – plutôt que de relire sur l’écran de son ordinateur ; lire au lit, sur le canapé, avec un thé, en fonction de nos habitudes de lecteurs. Le but, comme nous le verrons au point suivant, est de renouer avec notre création par notre plaisir primaire de lecteur !

Vivre l’histoire d’une autre manière – non plus du point de vue de l’auteur. Cela nous permet non seulement suffisamment de prise de distance pour la réécriture, mais également une estime particulière pour notre travail qui, bien qu’imparfait, se constitue peu à peu et aura su nous rappeler notre plaisir de lecteur !

Voir ma méthode de réécriture

#5 – Se rappeler son plaisir

Qu’est-ce qui vous a avant tout poussé à l’écriture ? A moins d’en avoir reçu l’imposition – ce que je doute fort – c’est le plaisir et l’envie de création qui vous a encouragé sur les premiers pas de votre histoire.

Malheureusement, j’ai constaté que ce plaisir était bien éphémère pour la plupart des écrivains – en tout cas, c’est ce qui me semble beaucoup ressortir par les plaintes et frustrations sur les réseaux. Souvent, la réécriture est perçue comme une étape « obligatoire » et qui n’apporte que son lot d’épreuves et de difficultés. Assez extraordinairement, je conçois tout du contraire ! C’est un réel plaisir, pour moi, de retravailler mon manuscrit ; pouvoir me replonger dans ma création et la redécouvrir d’une manière nouvelle. Je soupçonne même ce plaisir être supérieur à celui du premier jet !

Je pense qu’il n’y a qu’une explication à cela : je prends le temps de me rappeler mon plaisir et fournis les moyens pour le retrouver. Cela me paraît donc une étape essentielle, comme je vois qu’elle manque à beaucoup, à ne peux que vous y encourager !

Qu’est-ce qui, dans votre travail, garde les traces de votre plaisir passé ? Serait-ce la lecture de vos notes lors de la construction de votre projet ? Serait-ce la lecture de votre premier jet dans sa totalité, en vous rappelant toute votre expérience de sa rédaction ?

Finalement, on pourrait rapprocher cette recherche du plaisir à une autre quête essentielle : celui d‘apprendre à estimer son travail.

C’est tout pour cet article de conseils, en espérant que le partage de mes expériences aura su vous encourager à votre tour ! Quelles sont vos approches lorsque vous tentez de renouer avec votre projet ? Ignorez-vous l’étape nécessaire d’apprendre – ou réapprendre – à estimer et prendre plaisir dans son travail ? Si oui, je vous engage à prendre du temps au milieu de votre écriture pour vous rappeler – et peut-être même dresser ces quelques souvenirs et traces du plaisir sur papier…


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